On ne peut aborder l'histoire du vin de
Cahors sans auparavant dresser le tableau des atouts naturels du
terroir quercynois : il n'y a pas de bon vin sans facteurs géographiques
adaptés.
Le Quercy, c'est d'abord un climat : il est océanique, donc
doux, mais avec certaines nuances méditerranéennes,
donc chaud et sec. Il est parfaitement adapté à la
culture viticole.
Le Quercy, c'est aussi un physique de collines entrecoupé
de petites vallées. On peut donc y trouver principalement
deux formes de cultures : sur les coteaux, et dans les vallées.
Le Quercy, c'est enfin, pour la région cadurcienne en tous
cas, une rivière : le Lot, cours d'eau tourmenté,
ondulant parmi ses méandres, mais navigable pour une bonne
part, et (il ne faut jurer de rien), jamais totalement à
sec.
Tous les ingrédients sont réunis pour faire une cuisine
de qualité ; mélangeons le tout et, abracadabra, le
Quercy bénéficie d'un terroir d'exception capable
de fournir des arômes varié, un vin particulier, et
de très haute qualité.
C'est pourquoi nous retrouvons donc principalement deux types de
terrains : argilo-calcaire et alluvionnaire. Les terres argilo-calcaires
ont pour particularité de restituer la chaleur la nuit. Ce
détail est excellent pour la vigne. Les terres alluvionnaires
sont plus riches et permettent une culture à la fois plus
simple et plus importante en terme de rendement. Elles ne manquent
jamais d'eau. Ces deux types de sols peuvent parfois se retrouver
dans un même cépage, restituant alors une palette de
goûts qui diffèrent : nous pourrons alors avoir des
vins plus ou moins fruités, plus ou moins tanniques selon
le type de terre utilisé pour la culture.
Mais à la base cela reste un vin puissant, avec dans sa jeunesse
des arômes de fruits rouges (tel que la cerise griotte par
exemple), qui, évolue sur des arômes de fruits noirs
lors de son vieillissement (le pruneau). C'est un vin fort qui se
marie parfaitement avec le gibier et la viande rouge, c'est un vin
qui incarne le caractère de sa géographie, à
travers plusieurs cépages.
On retrouve en premier lieu le Malbec, ou, occitan oblige, le côt,
aussi appelé Auxerrois, qui est le cépage d'origine
du vin de Cahors, celui qui a porté l'histoire de ce vin
durant des siècles. Plus récemment, différentes
greffes ont permis une diversification et deux cépages ont
pu faire leur apparition, le Merlot et le Tannât.
Vous êtes à présent bien armés pour comprendre
et apprécier le voyage historique que nous vous proposons,
voyage sans armure mais accrochez vous bien : c'est près
de 2000 ans d'une histoire aussi chaotique que (parfois) cruelle
que nous allons aborder ensemble, l'histoire sans détours
du vin de Cahors.